Le Général Comte du MoustierUn héros Saint-Quentinois
Pierre du Moustier est né à Saint-Quentin, rue des
canonniers, le 18 mars 1771. D'une famille protestante originaire du midi, il
est le neveu de Le Sérurier et le cousin des frères Le Sérurier par sa
mère.
Réquisitionnaire au premier bataillon de Saint-Quentin en
1793, il fait les campagnes de 1793 et 1794 avec le 6ème régiment de hussards.
En 1795, lors de la formation de la garde du directoire, il est aide de camp du
général Krieg, est nommé capitaine, puis entre en 1800 comme adjoint à
l'état-major de la garde consulaire. Promu chef d'escadron en 1802, puis colonel
en 1804, il commande le 34ème de ligne et, à sa tête, fait les campagnes de 1805
et 1806, combat à Ulm, Austerlitz, Iéna, se distingue à Sultusk, où il est
blessé, et nommé général de brigade sur le champ de bataille en 1806.
Après la campagne de 1807 et 1808, il est appelé dans la
garde impériale, fait campagne en 1809 avec cette unité, combat à Essling,
Wagram. De 1811 à 1812, il commande en Espagne le 66ème régiment des fusiliers
de la Jeune Garde, participe au siège de Saragone. Après le traité de Vienne,
retourne en Espagne, remporte des succès qui lui valent le grade de général de
division en 1811.
Rappelé en France en 1813, il commande la 2ème division de
la Jeune Garde, prend part à la bataille de Lutzen en 1813. Cité avec éloges
dans les bulletins de la Grande Armée, il se distingue à Bautzen, à Wurtzen, à
Dresde en 1813, où il est grièvement blessé à la jambe. Il suit quand même
l'armée jusqu'à Mayence, où l'Empereur lui donne l'ordre de rentrer chez lui
pour
soigner ses blessures.
Il vient prendre son repos à Saint-Quentin, sa ville
natale. En 1814, il est à Fontainebleau aux adieux de l'Empereur et , à la
Restauration, refuse la croix de Saint Louis.
Il avait été fait Baron d'Empire en 1808, chambellan de
l'Empereur en 1812, comte de l'Empire en 1813, commandant de la légion d'honneur
en 1806, chevalier de la couronne de fer en 1813.
La retraite lui fut accordé sur sa demande en
1814.
Pendant les cent jours, il siège à la Chambre des
représentants pour la Loire Inférieure. Lors de la 2ème Restauration, il se
retire à Nantes jusqu'en 1830, où il reprend du service et commande la 12ème
division, puis est désigné au cadre de l'état major général.
Il a été fait commandeur de la légion d'honneur en 1823,
grand officier en 1831.<
Le 13 mai de cette même année, il se brise un jambe lors
d'une chute de cheval; on doit l'amputer le 8 juin. Il meurt le 15 juin des
suites de l'opération. Toute la ville de Nantes est dans la tristesse et prend
le deuil, et c'est dans celle-ci que sont célébrées ses funérailles, le jour
anniversaire de la bataille de Waterloo.
la presse ne tarit pas d'éloges sur le Comte Pierre du
Moustier, lieutenant général, grand officier de la légion d'Honneur, qui
atteignit le plus haut degré de la hiérarchie militaire par son talent, son
mérite et son courage, alors qu'il était entré en service comme simple hussard.
Son courage militaire ne nuisait pas à ses vertus civiles. Sa franchise et son
caractère étaient appréciés de tous, y compris de l'Empereur qui lui confia
parfois des missions délicates relatives à l'exécution des traités de
paix
Ses frères d'armes l'avaient surnommé "le chevalier sans
peur et sans reproche". Quatre d'entre eux tenaient les cordons du poêle pour
l'accompagner dans son dernier voyage. Parmi eux, le maréchal de camp
Cambronne.
Après les frères Le Serurier, derniers descendants de cette
famille Saint-Quentinoise, une autre branche de celle-ci s'éteint avec le
général du Moustier
André Vacherand, Secrétaire général de la société
Académique de Saint-Quentin